Voyage Asie Centrale pendant la fête de Navrouz

 

Une journée au Koupkari (Bouzkachi) pendant le Voyage Asie Centrale

Au cours de notre voyage en Ouzbékistan en ce mois de mars 2016, nous sommes attendus au matin d’un beau lundi de printemps dans un village rural au pied des montagnes. Le but de notre visite dans ce village appelé Ousmat est de participer à la fête du Navrouz au cœur d’une famille ouzbek.

Nous sommes chaleureusement accueillis par la famille de Mr Omar, le maître de maison et nous nous retrouvons rapidement installés autour d’une grande table de fête dans la salle de réception de la maison. Une quinzaine de convives, famille et amis, ont pris place autour de cette table de fête.

Mr Omar nous installe aux places d’honneur, au fond de la salle auprès des anciens de la famille selon la coutume ouzbek, les plus jeunes, quant à eux, prenant place en bas de table, près de l’entrée.

Après la cérémonie des présentations et les échanges de salutations, les discussions, agrémentées par quelques tournées de vodka locale animent rapidement cette assemblée. La table est décorée aux couleurs de la fête, et après une très bonne soupe traditionnelle, aux légumes et à la viande de mouton, le palov fait son entrée. Le « palov » est le plat national ouzbek et nous ne pouvions passer à côté de cette institution au cours de notre séjour. Le palov est un plat de riz cuit au bouillon et à l’huile agrémenté de viande de bœuf et de mouton et accompagné de légumes.

Après ce repas de fête et quelques photos-souvenirs avec la famille, nous avons rendez-vous avec le « Koupkari », un spectacle inoubliable et unique en son genre !

Bienvenue dans « le Koupkari » !

Imaginez une grande plaine herbeuse, au pied des montagnes environnantes, montagnes aux sommets encore enneigés en ces premiers jours de printemps. Ce superbe décor de campagne printanière est envahi, à l’occasion de la fête du Navrouz, par une multitude de spectateurs venus de toute la campagne environnante assister à ce tournoi équestre du « Koupkari ». Les héros du jour sont les quelque cent cinquante cavaliers qui participent à ce tournoi. En tant qu’invités étrangers, les organisateurs nous ont installés « en tribune », c’est à dire sur une remorque agricole d’où nous avons une meilleure vue sur le spectacle et où nous sommes à l’abri des bousculades occasionnées par les cavaliers les plus fougueux qui n’hésitent pas à traverser la foule des spectateurs au plus fort de leurs assauts.

Le « Koupkari » est un jeu équestre répandu sur l’ensemble de l’Asie Centrale et qui se nomme différemment selon le peuple qui le pratique ; « Koupkari », « Ouloq » ou « Ouloq Tortuv »  pour les turkophones et « Bouzkachi » pour les persophones, peu importe l’origine ethnique et lexicologique, ces mots signifient la même chose : le jeu consiste, pour les cavaliers, à se saisir de la dépouille d’un bouc jeté au milieu de la plaine et à la ramener dans un cercle tracé au sol face à la tribune d’honneur. Pour y parvenir, il faut saisir à la main la dépouille du bouc au milieu d’une mêlée de plus de cent cavaliers et ensuite éviter qu’un adversaire ne l’arrache violemment pour la ramener dans la cible. Très physique et brutal, ce jeu pratiqué depuis la nuit des temps, par les tribus nomades est très ancré dans la culture ouzbek. On organise ce tournoi essentiellement pendant les mois frais de l’année à partir de janvier jusqu’à avril. Pendant les mois de février et mars la saison de Koupkari bat son plein et voit s’intensifier le nombre de compétitions.

La fête de Navrouz est, bien sûr, la meilleure occasion pour découvrir l’Ouzbékistan et les compétitions de Koupkari.

Du haut de notre remorque, nous assistons à de nombreux assauts. Chaque assaut dure de cinq à quinze minutes jusqu’à ce que le plus habile ou le plus fort ramène le bouc dans le cercle désigné.

L’animation est assurée par un arbitre qui annonce au micro l’enjeu de chaque assaut et commente, au fur et à mesure, le déroulement de la partie en agrémentant ce commentaire de blagues et boutades qui font la joie des spectateurs, si l’on en juge par les rires déclenchés tout autour de nous. Le vainqueur de chaque assaut, après avoir lâché la dépouille du bouc, vient, sans descendre de sa monture, recevoir sa récompense auprès du jury. Les récompenses sont le plus souvent des sommes d’argent attribuées par de généreux spectateurs, dont nous avons d’ailleurs fait partie, mais aussi des tapis ou autres objets de la vie courante. Le vainqueur se dépêche ensuite  de fourrer son gain au fond de ses poches ou de le remettre à un ami avant de replonger aussitôt au cœur de la cohue pour l’assaut suivant.

Le bouc étant lâché au sol à partir d’une remorque, la cohue pour le saisir débute souvent au loin, sur la plaine, à plus de  400 mètres de nous. Dans cette cohue qui se rapproche régulièrement de nous, on voit se battre des cavaliers de tous âges. Mais, un jeune garçon de moins de vingt ans, monté sur un cheval de taille moyenne, attire notre attention. Il est vêtu d’un manteau bleu, de bottes spéciales à hauts talons et d’un couvre-chef spécial pour protéger sa tête et ses oreilles. Nous le voyons changer de monture après quelques parties et reprendre le combat avec un cheval frais. Son allure est impressionnante ; il semble faire corps avec sa monture.  Son savoir-faire de cavalier lui a permis de gagner plusieurs parties.

Bravo jeune homme ! Tu le mérites ! « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années »…

Les parties  se succèdent tout l’après-midi. Mais, après une vingtaine d’assauts,  le bouc a été si malmené qu’il n’a pas résisté à ces multiples tiraillements et qu’il n’en reste pratiquement plus rien sauf la peau. On ne peut pas continuer le jeu dans ces conditions. L’arbitre annonce la fin du tournoi et la foule se disperse. Quant à nous c’est les yeux et la tête plein d’images et de sensations inoubliables que nous regagnons  Samarcande en fin de journée.

C’était une journée de Voyage Asie Centrale pendant la fête de Navrouz !

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